« Les bus et les trams, ce sont de la culture : - à Chelles, le musée des transports vise plus de dons
Jusqu’à octobre, un samedi sur deux, le musée des transports en commun de Chelles ouvre ses portes. Bus, trams, métro ou véhicule plus insolite, il y en a pour tous les goûts.
Alain Waharte, bénévole au sein du musée, Michel Arlais, président et Michel Koumany, secrétaire s’occupent avec d’autres bénévoles du musée des transports en commun.
©Benjamin Forant
Par Benjamin Forant Publié le 10 août 2025 à 8h04
C’est une plongée dans le temps, des décennies en arrière, que l’on fait en poussant les portes du musée des transports en commun de Chelles. Les samedis des 1er et 3e week-ends de chaque mois, et ce jusqu’à octobre, ce lieu culturel est ouvert au public. Il le sera également lors des journées du patrimoine, qui se tiendront cette année les 20 et 21 septembre 2025. « Ce sont des journées très importantes pour nous », explique Michel Arlais, président de la structure.
Dans ce grand garage situé rue Gabriel de Mortillet, le président déambule entre les véhicules qui composent la collection du musée. Et chaque pièce à son histoire.
Une association née en 1957
L’histoire de ce musée remonte à près de 70 ans. « À cette époque, des jeunes voulaient sauver un tramway. Ils ont réussi, et se sont installés à Malakoff grâce à l’un de leurs pères. Puis, ça a été transféré à Saint-Mandé. » Quelques décennies plus tard, la structure reçoit l’appellation « Musée de France », avant de s’installer à Chelles en 2008.
Aujourd’hui, le musée possède une collection d’environ 70 véhicules. Et il y en a pour tous les goûts : bus et trams de diverses époques, un wagon de métro et même des hippo taxis, moyen de transport qui fonctionne avec des chevaux. Pour le directeur, il est important de préciser que ce n’est pas un musée des transports parisiens. « Nous avons des véhicules de toute la France ! Evidemment, nous entretenons des liens avec la RATP donc nous avons pas mal de bus et de trams de Nantes, Lille, Lyon, Bordeaux ou de Saône-et-Loire ! La plus vieille pièce à moteur date de 1932. »
Des véhicules qui roulent toujours
La plupart des bus visibles dans le musée peuvent rouler en dehors. Ils sont notamment souvent déplacés pour des interventions extérieures, par exemple pour les journées du patrimoine. « Ils sont tous roulants », s’exclame Michel Arlais.
Nous avons un atelier avec un garagiste qui travaille continuellement pour retaper ces véhicules. Il a un gros réseau pour récupérer des pièces, qui ne sont vraiment pas simples à trouver.
Michel Arlais, président du musée
Mais comment récupère-t-on des transports en commun datant de plusieurs décennies pour les placer dans son musée ? « Il y a une communauté de personnes qui aiment les transports en commun », sourit le président. « On n’achète jamais les véhicules ! Ce sont soit des dons, soit des échanges, soit des prêts. Mais parfois, ces derniers peuvent durer bien plus longtemps que le temps prévu initialement. » Et Michel Arlais est clair : « ils nous en donnent de trop ! Mais on n’a pas la place pour les installer. Il nous manque 1 200 m2pour qu’on récupère nos véhicules stockés en dehors du musée. Mais on avance petit à petit, on est déjà très content de ce qu’on a là. »
De nombreux bus sont visibles. ©Benjamin Forant
Dans ce musée, beaucoup de visiteurs sont nostalgiques du temps passé. « Il y a de nombreux visiteurs qui viennent pour découvrir le côté esthétique des modèles des décennies passées, mais il y en a également qui viennent pour se rappeler les transports qu’ils utilisaient quand ils étaient plus jeunes. »
Un besoin d’aide financier
Au musée, il y a une trentaine de personnes qui donnent un coup de main bénévolement. « On tourne à une quinzaine en même temps, jamais plus. Mais 150 personnes sont inscrites à l’association qui gère le musée », précise Michel Arlais.
Le musée accueille chaque année un petit peu moins de 5 000 visiteurs. Et l’évènement le plus important de l’année arrive, avec les journées du patrimoine. « C’est une grosse journée au niveau national, mais c’est gratuit. On sait que ça permet à des gens qui n’ont pas les moyens de payer de venir, c’est génial d’avoir accès à de la culture gratuitement. Et ces véhicules font partie de la culture. »
Mais le musée a toujours besoin de fonds supplémentaires. « On a l’espace dans lequel on est grâce à la mairie, mais il nous faut des fonds pour les réparations par exemple. Les dons, c’est ce qui nous fait vivre ».
Deux expositions sont actuellement visibles au sein du musée. « On a une exposition sur les tickets de métro, et l’autre sur la vie au sein du métro parisien. Ce sont les petites nouveautés de l’année », conclut le responsable.
